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Aux origines de la Fédération des Congolais de l’Etranger [FCE]

Le premier Congrès international de la Fédération des Congolais de l’Etranger chez Sheraton Hotel de Bruxelles, du 29 au 30 juin 2002, sera l’occasion de désigner démocratiquement le successeur d’Elikia M’Bokolo qui, depuis 1996 et aux Assises de Blankenberge (Belgique), avait reçu solennellement le mandat, d’organiser, de représenter et de parler au nom de la diaspora. Avant et au-delà de l’élection du président des Congolais de l’Etranger, le Congrès de Bruxelles, profitant de la triste commémoration du 42ème constat d’échec de l’autogestion, se préoccupera d’associer les Congolais de l’étranger au processus politique de changement en cours au pays, en les rassemblant dans un grand forum international pour étudier, analyser et proposer des solutions aux problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels de notre pays, au niveau réel où ils se posent. L’objectif ultime de la rencontre étant de mettre à la disposition des décideurs et acteurs politiques de notre pays, un document de travail susceptible de les aider à concevoir des politiques cohérentes et adaptées aux problèmes qui se posent à notre pays.

Tel est le contenu de l’ambitieux projet initié en Suisse, depuis la ville catholique et universitaire de Fribourg, au milieu des années 80. Relancé à Paris le 24 février 2001, le mouvement pour une structure faîtière des Congolais de l’étranger est enfin devenu une réalité avec une section structurée et active en France, deux sections en gestation en Suisse et en Afrique du Sud ainsi qu’une échéance majeure, la Convention internationale constitutive, le 30 juin 2002 à Bruxelles. Les lignes qui suivent voudraient bien montrer l’élan et les vicissitudes d’un mouvement passionnément fédérateur et démocratique ; mais inopportunément confronté à la politisation à l’outrance de la société civile ainsi qu’à une tradition politico-culturelle de clans antagonistes, de collaboration avec le dominant et d’exclusions internes successives. Rappel des péripéties à l’origine de la Fédération des Congolais de l’Etranger.

SOS Zaïre (1993)

Cher(e)s Sœurs, Frères et Ami(e)s du Zaïre,

Un beau matin, vous descendez chercher le courrier dans votre boîte aux lettres. Une enveloppe attire particulièrement votre attention. C’est une lettre express. Vous l’ouvrez précipitamment. Vous apprenez que votre mère est gravement malade et que ses jours ne sont plus que comptés. Que faites-vous ?

Cher(e)s Sœurs, Frères et Ami(e)s du Zaïre,

- Nous ne vous apprenons rien si nous vous écrivons que notre mère-patrie, votre pays ami, le Zaïre, est gravement malade. Qu’il est en train de sombrer, de douleur dans les flots de souffrances. Sur la scène internationale, il a perdu sa fierté, sa respectabilité, sa force et son charme.
- En ce moment, notre mère-patrie, votre pays ami nous interpelle toutes et tous à son chevet au-delà de nos différences. C’est un SOS !
- Comment briser les chaînes qui entravent son cheminement vers les lumières où baignent les autres nations ?
- Ne pensez pas toujours que les idées qui sauveront notre pays viendront forcément de ces leaders que nous connaissons ; ça pourrait venir probablement de vous. Ne sous-estimez pas vos idées ; faites en sorte qu’elles soient utiles à quelque chose.
- Si vous avez encore une âme zaïroise, si vous avez encore l’amour de ce pays, venez confronter vos idées à celles de ceux ou celles qui ne pensent pas nécessairement comme vous. Car c’est en frottant deux pierres que jaillit la lumière. Cette lumière, notre chère patrie, votre pays ami en a besoin pour son salut.
- Ne vous demandez pas : Qu’est-ce que le pays a fait pour vous, mais qu’est-ce que vous avez fait pour lui en cette période difficile ?

Faisons donc ce premier pas : TOUTES ET TOUS A LAUSANNE, LE 29 AOUT 1993

Lieu : Hôtel de la Navigation, avenue de la Harpe 49, Lausanne – Ouchy, 14h30

Ordre du jour :
1) Débat global
2) Constitution du comité de coordination et de préparation du colloque de la diaspora zaïroise
3) Divers

On le voit, c’est sur un ton et dans un style passionnément patriotiques qu’avait été initié le débat sur la nécessité et le rôle d’une structure faîtière dans la communauté congolaise de l’étranger. Signée par Grégoire Kambundji Safuka pour le canton de Berne, Roger Shimba Kankwende pour Vaud, Teddy zi Ngoma Mbuinzama pour Genève, Germain Mwamba pour Zurich et Godefroi Zube pour Fribourg, l’invitation ci-dessus constituait une nième étape dans le processus initié en Suisse en vue d’un forum fédérateur des Congolais de l’étranger. Le mouvement apparaît vers le milieu des années 80 et dans le cadre d’un cycle des conférences thématiques organisées par l’Association des Etudiants Zaïrois de Fribourg [AEZAF].

La tribune, qui se déplaça dans plusieurs villes de la Suisse romande, accueillit et donna successivement la parole à des professeurs d’université, à des hommes et femmes de sciences de divers niveaux ainsi qu’à des acteurs politiques congolais et non-congolais, dès lors qu’ils pouvaient développer un sujet en relation avec la crise politique zaïroise de l’époque et qui n’a toujours pas fini de s’amplifier. Ce débat prit un envol particulier et décisif vers la fin des années 80, lorsqu’un jeune cadre universitaire de Bruxelles, M. Philémon Tshimuanga Mukendi, ne se contentant plus simplement de poser la question du rôle de la diaspora zaïroise face à la crise sévissant dans le pays, s’engagea de manière ferme et mobilisa de manière électrique son auditoire de circonstance en faveur de la mise en place d’un forum permanent et structuré dans le but de permettre l’émergence d’un nouvel espace civil réunissant les personnes de diverses sensibilités au-delà des divergences politiques, confessionnelles, philosophiques, raciales ou ethniques.

C’est ainsi que naquit, sous la houlette des jeunes universitaires de Belgique, de Suisse et de France, le Forum des Patriotes Zaïrois [FOPAZ], dont Philémon Mukendi, de Bruxelles et l’initiateur, fut le premier président. A l’actif du FOPAZ, on retiendra une série impressionnante d’initiatives d’envergure dont la plus célèbre reste la mobilisation en vue de la participation de la diaspora à la Conférence Nationale Souveraine, au début des années 90. Cette initiative fut couronnée d’un succès retentissant ; car, non seulement FOPAZ envoya un délégué à la CNS, en la personne de M. Jean-Marie Ngoboka Rusimbuka – alors vice-président du mouvement patriotique naissant ; mais, surtout, M. Rusimbuka décrochera d’abord le poste de responsable de l’Ordre du jour de la CNS avant de devenir président de l’URD, une des sous-plate-formes de l’Union Sacrée de l’opposition à Mobutu qui prendra le pouvoir après le fiasco de Tshisekedi et son éviction de la Primature. FOPAZ est aussi à l’origine du Pré-symposium de Puidoux (Suisse) au mois de juin 1995, du grand Symposium de Francfort (Allemagne) en avril 1996 – que la cupidité et les querelles de leadership firent avorter après une mobilisation jamais atteinte – et du Symposium de Blankenberge (Belgique) d’où sortira la première organisation centrale de la diaspora congolaise, baptisée alors Coordination des Congolais de l’Etranger et avec le célèbre historien Elikia M’Bokolo dans le rôle du premier Coordinateur du mouvement fédérateur.

Mené par des visionnaires et des stratèges méticuleux, FOPAZ réalise que l’objectif d’une structure faîtière de toute la diaspora passe d’abord par un rassemblement au niveau suisse où le cycle assidu, des débats contradictoires et d’analyse sans complaisance sur toutes les questions d’actualité, avait déjà réussi à baliser le chemin. L’idée des premières assises des congolais de l’étranger, sous forme de colloque, émerge et FOPAZ veut que sa préparation relève d’une responsabilité collective au sein de la communauté congolaise de Suisse afin de mieux proposer le modèle aux Congolais des autres pays. C’est le thème de la réunion historique de Fribourg, le 8 août 1993, à l’Hôtel du Faucon. Rédigé de main de maître par Roger Shimba Kankwende, le compte rendu de cette rencontre trace les contours à la fois du projet du Pré-symposium de Puidoux, de celui du grand Symposium avorté de Francfort ainsi que de celui du Symposium de Blankenberge avec son corrélat : la Coordination des Congolais de l’Etranger qui en fut l’issue. Rappel de ce compte rendu à conserver dans les augustes annales de la diaspora congolaise.

Préambule
Ce présent Procès-verbal est le compte rendu d’une réunion qui s’est tenue à Fribourg, sur invitation du Forum des Patriotes Zaïrois (FOPAZ), en vue de mettre sur pied un colloque sur le Zaïre rassemblant les délégués de la diaspora zaïroise répartie dans divers pays d’Europe et d’Amérique du Nord.

Dans son mot d’accueil, le représentant du FOPAZ a expliqué que son organisation n’a fait que matérialiser une idée qui faisait son chemin dans la tête de beaucoup de nos compatriotes expatriés. En sa qualité d’organisation acquise au changement, le FOPAZ a lancé les invitations pour donner un coup d’envoi du projet. C’est à l’ensemble de la communauté zaïroise de Suisse de porter l’idée, en sa qualité de communauté organisatrice de ce colloque, et aux communautés zaïroises de divers pays concernés par ce projet d’y prendre activement part.


1. Présentation du projet
Le projet de ce colloque, sorte d’états généraux des expatriés zaïrois, s’inscrit dans le cadre du processus de démocratisation en cours au Zaïre et celui de l’après mobutisme, en terme de projet de société.

Le principal problème de notre pays s’articule exclusivement autour de la politique. L’affrontement entre le dictateur et l’opposition influe de manière déterminante sur l’économie, le social et le culturel.

La solution politique, condition nécessaire et suffisante pour engager le redressement économique, social et culturel tarde ; mais elle est inéluctable. C’est le sens de la confrontation actuelle entre le vieux dictateur, qui s’accroche à un pouvoir qu’il ne maîtrise plus, et l’opposition, qui gagne du terrain sur le dictateur sans pour autant l’abattre définitivement. Certes, le combat pour cette solution politique relève objectivement du ressort de ceux qui se battent sur le terrain ; et l’apport de la diaspora dans ce processus ne peut constituer qu’un simple adjuvant.

Cependant, la situation actuelle de crise généralisée impose à nos compatriotes restés au pays des conditions de travail si particulières que les résultats escomptés risquent d’être sérieusement compromis. Il est donc du devoir de tous ceux qui disposent de moyens intellectuels, physiques, financiers ou moraux et bénéficient de conditions de vie adéquates et d’un environnement apte à se consacrer à un travail en profondeur, d’apporter aussi leur soutien à la recherche d’une solution à la crise.

C’est notre devoir à nous, Zaïrois de l’étranger, de rendre, sans arrogance, ce service à la nation. Et notre mission d’immigrés dans les pays de vieilles traditions démocratiques serait de faire des propositions parce que nous avons un modèle sur la base duquel nous pouvons nous inspirer pour générer de nouvelles pistes de réflexions et élaborer, à froid, des schémas de solutions crédibles.

2. Echanges d’idées, propositions et divers
2.1. L’organisation
Un long échange a opposé les participants sur le cadre de réalisation de ce projet. Un certain nombre de participants s’interrogeaient sur l’impact réel de ce projet, sur les membres de la communauté zaïroise, s’il était porté par une seule organisation ; en l’occurrence le FOPAZ.

Considérant que le FOPAZ n’a fait qu’initier ce projet et ne sollicite que l’adhésion à ce projet et non un engagement envers les statuts du mouvement, il serait dommage qu’on s’arrête à des considérations liées aux susceptibilités pour démolir une bonne initiative. Le rassemblement doit se faire autour de l’idée que porte FOPAZ et non sur l’image que les uns et les autres ont de cette organisation, ni sur les personnes qui l’incarnent.

Après cet échange, les participants, à l’unanimité – moins une voix (abstention) -, ont adopté le projet d’organisation du colloque. S’agissant de l’organisateur, il a été convenu – moins une voix (contre) -, de faire du FOPAZ la boîte aux lettres de ce colloque. L’organisation du colloque sera confiée à un comité ad hoc dont le cahier des charges est à définir.

2.2. But et objectif de ce projet
But : associer les Zaïrois de l’étranger au processus politique de changement en cours au pays, en les rassemblant dans un grand forum international pour étudier, analyser et proposer des solutions aux problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels de notre pays, au niveau réel où ils se posent.

Objectif : mettre à la disposition des décideurs et acteurs politiques de notre pays, un document de travail susceptible de les aider à concevoir des politiques cohérentes et adaptées aux problèmes qui se posent à notre pays.

2.3. Cahier des charges du Comité d’organisation
- conception pratique du projet
- prise de contact avec les leaders d’opinion zaïrois dans les différents pays d’Europe et d’Amérique du Nord
- supervision de la création des comités de délégués locaux dans chacun de ces pays
- coordination et préparation du colloque

Fin de séance à 19 heures 30

Rapporteur : R. Kankwende

Ce dessein d’un colloque international pour étudier, analyser et proposer des solutions sous forme de projet de société et d’un grand forum permanent fédérateur des Congolais de différents horizons de la diaspora a déjà été réalisé au Symposium de Blankenberge. Depuis février dernier, les Actes de ces assises historiques, publiés sous forme de livre d’édition, sont là et proposent des solutions à mettre à la disposition des décideurs et acteurs politiques de notre pays. Ce livre, une œuvre collective, est un précieux document de travail susceptible d’aider les responsables sur le terrain à concevoir des politiques cohérentes et adaptées aux problèmes qui se posent à notre pays.

Malheureusement, le grand rassemblement de Blankenberge, en 1996, s’est déroulé dans un contexte particulier, caractérisé par la décadence et l’effondrement du régime Mobutu et l’arrivée primesautière de Kabila au pouvoir. Dans ces circonstances de flots de critiques, de doutes et de craintes ; mais aussi d’espoir d’un nouveau départ et d’ouverture des nouvelles perspectives, le déferlement des possibilités de prendre directement part au redressement du pays et de saisir des occasions de nouvelles carrières eurent facilement raison de la survie d’une structure naissante. Pendant plus de cinq ans, la structure faîtière issue des assises historiques de Blankenberge et dirigée par le professeur Elikia M’Bokolo, évoluant dans un contexte politique explosif et au milieu des repères embrouillés, ne posera aucune action concrète.

Le 24 février 2001, à l’initiative de Jeff Kashama Lusamba (Metz), Mwayila Tshiyembe (Paris) et Lwakale Mubengay BAFWA (Genève), une rencontre visant à rompre avec la léthargie de la Coordination de Blankenberge et à relancer le rassemblement patriotique fut organisée à Paris. Les retrouvailles de Paris donnèrent lieu à un nouveau départ du projet. Un exécutif de 12 membres et dénommé « Commission d’initiative » fut mis sur pied avec mandat de deux mois consistant à traduire les options prises dans un document de travail appelé « Note d’orientation » et d’entreprendre un travail de mobilisation en vue de la mise en place d’une nouvelle structure et de l’élection d’un comité stable devant conduire la nouvelle organisation aux nouvelles assises de toute la diaspora sous forme d’un congrès re-fondateur. Elu coordinateur de cet exécutif provisoire, le professeur Mwayile Tshiyembe, l’un des initiateurs de la rencontre, préféra céder son mandat de coordinateur principal à son compagnon de route, Anatole Malu, pour se contenter d’une place de second. En octobre 2001, les initiateurs de l’assemblée de relance de Paris organisèrent aussi un colloque d’importance internationale à Bruxelles en vue d’offrir à la structure en gestation une propice rampe d’extension.

Mais, malheureusement, tant l’échéance de mai 2001 que la fin de l’année échurent sans que la « Commission d’initiative » n’organise l’assemblée constitutive initialement convenue. La nature du mandat de 24 février 2001 étant manifestement viciée, des divergences apparurent au sein de la « Commission d’initiative » sur la nécessité d’une assemblée générale de bilan et de clarification. Jouant seul la carte d’opposition à cette impérieuse nécessité de clarification, le coordinateur provisoire de la « Commission d’initiative » fut mis en minorité par le reste de l’exécutif qui lança l’invitation et tenu une assemblée annuelle le 9 février 2002, à Paris sous la direction du vice-coordinateur, le professeur Mwayile Tshiyembe. De cette assemblée annuelle statutaire du 9 février 2002 est sorti un autre exécutif provisoire chargé de préparer le premier congrès du mouvement patriotique de la diaspora congolaise. La tenue de ce congrès, du 29 au 30 juin 2002, constitue la nouvelle grande échéance dans le processus de création définitive d’un mouvement qui se veut désormais rapidement actif sur le terrain.

Lwakale Mubengay BAFWA
Co-initiateur du projet