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La disparition du Docteur Mesa Vital

La disparition du Docteur Mesa Vital, Président National de la Fédération des Congolais de l'Etranger, section Belgique - FCE / Belgique.

Docteur en Médecine, spécialiste en Médecine interne et agrégé d'Université, Docteur Mesa travaillait à l'Hôpital universitaire de Louvain (Belgique). Au-delà du père, du frère, de l'ami et du compagnon de lutte qui s'en va définitivement ; c'est un savant aux compétences encore inexprimées que la terrible rigueur de la mort arrache aux efforts pour la reconstruction du Congo ainsi qu'au processus de mise en place d'un premier grand lobby international des Congolais visant à défendre plus efficacement les intérêts de la mère-patrie.

En mémoire du Docteur Mesa Gimbenza Vital, décédé le 23 setptembre 2003 à Leuven, en Belgique, la Fédération des Congolais de l'Etranger se permet de saisir cette occasion pour dire merci, un grand merci à toutes celles et tous ceux qui, de près ou de loin , ont tenu à s'associer à la douleur de la famille de l'illustre disparu ainsi qu'à celle de la FCE pour exprimer leurs sentiments de sympathie.

Le Docteur Mesa laisse derrière lui deux filles mariées, deux petits enfants, la fille aînée étant morte un mois et demi avant le père : quel triste concours des circonstances !

Le Docteur Mesa était quelqu'un de très intelligent ; un savant, diront ses condisciples de classe et d'université. Agrégé en médecine, avec une spécialisation en médecine interne, il travaillait à l'Hôpital Universitaire de Leuven (Louvain); une autre célèbre ville historique et cité universitaire de Belgique. Après quasi 30 ans de vie en Europe, il nous quitte aujourd'hui après une mort naturelle - autopsie oblige - ; des suites d'une crise cardiaque survenue dans son sommeil plus ou mois une semaine avant la date où le corps a été retrouvé at home, déjà en décomposition.

Nous devons cette découverte du corps grâce au concours du Professeur Luc Mubikangieyi, cet ami d'enfance qui, n'ayant plus de ses nouvelles depuis une semaine, prit sur lui le devoir d'aller en savoir plus. Il s'y rendit en compagnie de la deuxième fille du Docteur Mesa. C'est avec l'aide de la police locale qu'ils découvriront la triste réalité; macabre !

Cet épisode frustrant nous interpelle tous et plus particulièrement les Congolaises et Congolais dispersés à travers le monde et qu'on appelle communément la diaspora. Créée en février 2001 et confirmée par un Congrès démocratique le 30 juin 2002 à Bruxelles (Belgique), la FCE propose une formidable occasion non seulement de réhabiliter l'image d'une communautéécornée par des décennies de comportements individuels et collectifs aberrants, mais aussi et surtout de nous en enrichir mutuellement en facilitant et en multipliant des rencontres et des échanges de proximité, de promouvoir de manière permanente et concrète la fraternité, la solidarité et l'unité d'action dans une communauté émotionnellement et formellement soudée. Comme le stipulent les statuts de la fédération, notre objectif est de rester à l'écoute de toutes les suggestions utiles, susceptibles de permettre à la communauté congolaise de s'exprimer d'une même voix lorsque ses intérêts majeurs sont en jeu et favoriser, par voie de conséquence, un grand espace de concertation et de solidarité agissante au sein de toute la diaspora congolaise dans la perspective de participer efficacement à la renaissance et à la reconstruction de la mère-patrie.

Pour la Fédération des Congolais de l'Etranger (FCE),


" Donner à quelqu'un tout votre amour n'est jamais une assurance qu'il vous aimera en retour, attendez seulement que cela grandisse dans leur coeur. Mais si cela ne se produit pas, soyez content tout de même que cet amour ait grandi dans le vôtre . Car il est vrai que nous ne savons pas la chance que nous avons d'avoir quelque chose, jusqu'à ce que nous le perdions; mais il est aussi vrai que nous ne savons pas ce que nous avons manqué jusqu'à ce que cela arrive.
Cela prend seulement une minute pour remarquer quelqu'un, une heure pour l'apprécier et une journée pour l'aimer. Mais oublier quelqu'un prend toute une vie. "

Avec la mort du Docteur MESA, j'ai grandi d'un coup, comme poussé par l'effet d'un rêve. Qui l'eut cru? Quelle mort tragique? Et pourtant nous n'en sommes pas dispensés. Cela peut donc nous arriver à tout moment de notre vie.

Comme je vous l'ai dit lors de votre passage ici à Bruxelles pour l'enterrement de notre regretté Mesa, l'ironie du sort a voulu que Dr. Mesa soit mort alors même que nous le croyions absent de notre réunion du Comité du 20 septembre 2003, en présence de notre invité Professeur Kawaya, représentant de la FCE au Congo/Kinshasa.

En effet,Par la volonté du Professeur Luc Mubikangieyi, son ami d'enfance, l'une des deux filles du Dr.Mesa, accompagnée du Professeur Luc iront à la recherche de la vérité qui deviendra vite cette équation à plusieurs inconnues...Mesa a été trouvé mort chez lui, d'une crise cardiaque d'après autopsie, une mort située à au moins une semaine avant ladite découverte macabre.Une mort qui laissera toujours perplexes deux de ses amis d'enfance, nous avons cité Dr. Ndjoko et Profeseur Luc Mubikangieyi. De l'incompris. L'absurdité par excellence.

Mort officiellement le 23 septembre 2003, nous l'avons tous accompagné dans sa dernière demeure le samedi 27 septembre 2003 au Cimétière de Leuven où, comble de malheur notre defunt a semblé refuser toute marque d'honneur lui dévolue, n'acceptant que les pleurs de l'inconnu, les larmes de son cher ami Luc Mubikangieyi fondues dans une oraison funèbre des plus éloquentes : personne n'a pensé prendre un appareil de photos pour garder en image les derniers souvenirs du défunt.Et le seule personne qui a eu la présence d'esprit d'apporter une caméra vidéo pour filmer l'évènement n'a pu filmer que l'entrée des membres de la famille et des amis au cimétière, la batterie ayant laché quelques minutes à peine, aussitôt entrés au cimétière. La nature! Et voilà Docteur qui s'en est allé, portant dans le monde de l'au-delà toute son intelligence, toute sa philosophie et toute son ironie. C'est peut-être pour cela qu'il n'était pas facile pour beaucoup de le comprendre.

Laissez-moi donc terminer par ces mots:
" Quand la porte du bonheur se ferme, une autre s'ouvre, mais souvent nous regardons si longtemps la porte fermée que nous ne voyons pas la porte qui a été ouverte pour nous...Nous voilà donc à rechercher quelqu'un qui nous apprendra à sourire, car ça ne prend qu'un sourire pour illuminer une journée sombre".

Répondant à votre demande, j'y annexe en pièces jointes quelques photos prises lords de nos réunion de travail. Vous y rendontrerez tanto^t le Dr Mesa avec son vice-président, le Dr. Ndjoko, madame Mabaya pleine d'attention pour le Dr Mesa qu'elle prenait pour un père....Je n'ai que cela comme derniers souvenirs. Merci .

Jean Pierre Mabaya


Le retour à l’origine.
(Par le Pr. Luc Mubikangiey)

A toi, je n’ai qu’un instant pour t’adresser ces deux mots.
A tous les autres, j’ai le reste de ma vie pour leur parler,
Pour raconter l’histoire de mon ami Vital.
Vital, c’est à toi qui fus mon ami et
Qui es devenu un tendre et douloureux souvenir ;
C’est aussi à toi le père, le frère, le cousin et…
C’est à toi qui adorais pérorer, philosopher et psychanalyser
Que s’adressent ces quelques mots.
C’est toi qui adorais la perfection de la langue,
L’intimité de l’amitié et la tendresse de grand-père
C’est toi que je viens rencontrer
Dans cet espace sacré,
Dans ce lieu de passage. C’est pour dépasser le réel et accéder au symbolique,
C’est pour construire l’imaginaire
Et espérer le travail de deuil
Que je voudrais jouer une dernière fois avec toi.

Sorti de l’infini champ d’énergies et d’idées,
Tu as choisi, avec la complicité de Léonard
Et de sa tendre épouse, tes parents,
Et avec l’aide de Dieu,
Tu as chois, disais-je, de te singulariser,
De devenir Humain.

Tu as quitté un monde pour un autre,
Pour le nôtre,
Tu es parti de ce monde infini pour le notre,
Passager et nomade…
Avant même de naître, tu as choisi l’Exil,
De ce long Exil dont nous avons tant parlé
Et pour lequel, tout dernièrement encore,
Nous pensions l’abréger, le limiter et
Repenser à la terre d’Afrique
Cette terre du premier…
Envisager un retour géographique.

L’exil est un long chemin tortueux.
Ton second exil sera spatial ;
Tu quittes ton trou de « Pay-Kongila »
Cet anus du monde comme tu te plaisais à le dire,
Pour les Missions catholiques.
Tu navigues d’une mission à l’autre dans le Vicariat.
Ensuite, d’une ville à l’autre
Tant à l’intérieur du Congo qu’ailleurs.
Tu voyages en Afrique, en Europe, en Amérique et en Asie,
Toujours en quêtée quelque chose, en quête du nouveau,
En quête de l’indicible pour le rendre accessible…
Tu es un nomade

Tu t’es exilé enfin à Leuven
Et en ton propre intérieur.
L’exil intérieur est sans doute le plus dur,
Mais aussi le plus pernicieux.

Aujourd’hui, tu as choisi de t’exiler de notre monde
Vers celui de tes origines,
Vers un monde où toutes les énergies se réunissent,
Où tout a un sens, où tout reprend sens.

Partir, c’est abandonner, partir, c’est se séparer,
Partir, c’est créer de la confusion et espérer sortir de ses incertitudes,
C’est à espérer trouver mieux et différent à la fois.
Partir, c’est dans notre histoire à tous,
C’est dans notre histoire à chacun,
C’est dans l’histoire de l’Humanité, de l’humain :
Celle de Adam et Eve, d’Abraham, de Moïse, d’Ulysse, d’Œdipe, de Jésus…

Dans tout cet exil, tu as voulu partager certaines choses :
L’excellence gratuite,
La beauté pour elle-même,
La perfection de la langue,
La sollicitude permanente en tant que homme et en tant que médecin,
La compétence maximale et la parfaite maîtrise de ce que l'on entreprend.
Cependant, un dernier clin d'œil en trompe œil:
"Maîtriser, c'est garder les excrément en son sein"…

Tu as voulu côtoyer les sages, tu en acquis une parcelle de sagesse,
Tu t'es tenu à l'écart des gueux, tu leur as parlé.
Tu as voulu mépriser les ignorants, tu les as fui.
Et aujourd'hui, comme arrivé au bout d'un chemin,
Tu nous quittes,
Tu m'abandonnes.

Je ne veux pas te pleurer.
Je ne te pleure pas vraiment.
Je pleure ma douleur.
J'ai mal pour les mondes qui tu as traversés.
J'ai mal pour toutes les douleurs qui naissent autour de tes départs.
J'ai mal pour tous et toutes
Ceux et celles qui espéraient éclairer leur vie à ta lumière:
Tes enfants, tes frères,
Tes amis, les compagnons de route et d'exil,
J'ai mal surtout pour tes petits-enfants.
J'ai mal, on a mal,
Mal d'espérer un jour faire le deuil de toi.
Mais il le faudra bien pour investir et inventer la vie,
Fut-elle celle d'un exilé nomade.

A vous autres qui restez,
Je vous transmets ce qu'il vous aurait dit:
« Frères humains qui restez,
N'ayez contre moi ni contre l'autre vos cœurs endurcis,
Cultivez l'excellence, la générosité et le pardon.
Ne cherchez ni pourquoi je suis parti,
Ni comment je m'en suis allé.
Vivez et recherchez l'harmonie,
Parce que,
La vie est une courte route pleine d'obstacles
Et que tout sur cette route
Nous prépare au dernier rite de passage,
Parce que le paradis, je le fais et l'enfer je le crée
Parce que je vous ai aimés tous »


Où que tu ailles, on t'y retrouvera.
Bien de choses à tous ceux qui t'ont déjà précédé
Dans ce monde du Premier…

Requiem in Pace


Funérailles de Vital Mesa, émouvant hommage d'un ancien condisciple d'université

Chers Tous,

Le départ précoce du Dr Aimé-Vital Mesa me touche d'une façon tout-à-fait
particulière. Vital était un ami d'enfance. Nous sommes entrés à Lovanium la
même année. Nous étions tous les deux des gréco-latinistes et anciens de
Jésuites. Je venais de Kinshasa, lui venait de Kikwit et nous sommes devenus
très intimes. Il y a un seule chose que mes condisciples et moi n'aimions pas
chez Aimé: c'est son intolérance pour des fautes de grammaire française. Pour
lui, l'expression devait être châtiée. Le français de ce gréco-latiniste de
Bandundu et enfant des Jésuites était beaucoup plus châtié que le Kinois que
j'étais. Aimé a été l'un de mes meilleurs camarades sur le campus.

Lorsque le Maréchal Mobutu nous a enrôlés dans l'armée, c'est moi qui lui ai
appris à courir les dix kilomètres et plus que les militaires du Camp CETA nous
forçaient à parcourir au pas de course. C'est avec Mesa que je m'enfuyais du
Camp en rampant entre les gardes pour aller passer des soirées plus civiles chez
nos parents, moi à Ndjili et lui à Matete. Après notre escapade, on se donnait
rendez-vous quelque part et je l'aidais à rentrer au camp.

La vie professionnelle nous a séparés. Vital a tout fait pour me convaincre à
l'imiter et à aller faire une spécialisation en médecine interne à Louvain où il
a brillé. Si la Belgique n'était pas un "petit' pays, le Dr Mesa serait devenu
un grand professeur de gastro-entérologie, car il a formé plusieurs assistants
belges qui, eux, sont devenus des professeurs. J'ai retrouvé Aimé à Bruxelles
lors d'un de mes passages en Belgique, puis j'ai de nouveau perdu ses contacts
après son départ en Arabie Saoudite. La FCE m'a permis de retrouver mon Aimé et
voilà ....

Je ne sais pas pourquoi la chanson que Tabu Ley a dédiée à son ami Kashama Nkoy
résonne subitement dans ma tête...

Aimé, ce n'est qu'un au-revoir. A bientôt.

Celui que tu appelais affectueusement Jules.